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31 Jul

Le Refuge

Publié par Tac  - Catégories :  #Tac et c'est pensé !

Le Refuge

 

 

 

Julien présente l'écrit de Tac :

 

Longtemps que nous n'avions pas été présents ? Je réfute. Nous étions en vacances, tout simplement. Et ce depuis... Début mars, soit presque cinq mois. Grandes vacances, voilà. Bon, en fait je voulais surtout vous notifier que mon cher Tac, essayiste émérite - amicalement - m'avait proposé cet écrit deux mois plus tôt. J'ai mis un peu de temps à le publier, en effet. Soit, des excuses se doivent d'être faites, alors je le dis : je m'excuse, à Tac ; et je m'excuse, à vous lecteurs, de la part de l'équipe pour cette inactivité prolongée. 

M'étant enfin remis à l'écriture ces derniers temps, j'espère pouvoir profiter de cette inspiration passagère pour remettre la Nouvelle Page sur la bonne voie.

Je vous remercie donc, et vous souhaite une agréable lecture, en attendant nos prochains écrits.

Le Refuge

"Pourquoi ?" criais-je intérieurement. Le monde qui m'entourait était fait de rouages assommants, étouffants. La ville, les gens, les obligations, les attentes, les incohérences. Tout m'empêchait de réfléchir, j'agissais par automatisme comme on est censés le faire, les règles sont là mais plus personne ne sait à quoi elles correspondent. Plus personne ne lit, plus personne ne réfléchit sur soi, sur sa place, sur son existence. Il y a la télé, les écrans, l'éphémère, l'immédiat. Le peu de choses que nous ayons se banalisent. La chance de vivre dans un pays en paix, développé, riche, culturel, qui y pense ?

J'avais besoin de souffler, de m'éloigner de cette vie pour retrouver ce qui est important. Pour me retrouver moi. Maintenant, je suis assis dans une plaine enneigée en regardant les montagnes qui m'entourent. Ce paysage immaculé, m'envoyant des ondes de sérénité, m'accueille par sa simplicité, son authenticité naturelle. Je ne bouge pas, je pense. Je ne suis pas inactif, je me ressource. Cet endroit est le refuge qui me permet de m'élever au-dessus de l’agitation incessante de la civilisation qui bourdonne à mes oreilles comme d'oppressantes acouphènes d'après-boîte. La ville m'avait fait oublier ce que la nature avait construit avant nous. Cette ville nous empêche de nous remémorer que nous sommes mortels, que la vie n'a pas forcément de but et qu'il convient d'essayer de la rendre plus belle au lieu de nous agiter dans tous les sens et fourmiller dans ce marécage humain. La solitude est pour moi une eau revigorante lavant les illusions brouillées par un nuage trop dense de complexité. Ici, je peux être moi, sans chercher à prouver quoi que ce soit, sans jouer un rôle social prédéfini, sans être lié à des engagements. Je peux utiliser mes sens et apprécier ce qui est, et non vouloir changer le monde. Je peux vivre à l'instant présent sans penser perpétuellement au futur. A mon futur. A organiser mes journées et mes mois en fonction d'impératifs qui vus d'ici semblent tellement futiles. C'est une liberté qui n'est pas donnée à tout à chacun et que je chéris.

C'est un lieu où la présence humaine est quasiment nulle, le village compte vingt-cinq habitants, ils y a quelques dizaines de maisons, et le reste est fait de paysages. Je peux marcher, penser, pêcher, faire un feu dans mon chalet. Après quelque temps, il y a cette sensation, un manque, et je sais. Je sais que je dois y retourner, les humains me manquent. Eh oui nous souhaitons avoir ce que nous n'avons pas !

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